Présentation de l'album

Exécuté à partir de 1821 et retravaillé ensuite, le recueil de 72 dessins (44 cm de haut par 56 cm de large) présenté ici fait figure de précurseur, même si on n’en connaît pas sa destination exacte. Peut-être ces planches étaient-elles destinées à être transposées en lithographies, technique de gravures sur pierre alors assez nouvelle qui permettait une diffusion auprès d’un public intéressé. En effet, à partir de l’époque de la Restauration, une mode, venue d’Angleterre, favorisa la production d’albums illustrés consacrés aux provinces de France. La publication de L’Ancien Bourbonnais d’Achille Allier en 1834 et le début de celle des Voyages Pittoresques et Romantique de l’Ancienne France du baron Taylor et Charles Nodier (19 volumes parus de 1820 à 1878) appartiennent à ce courant, et montrent que l’album de Délécluze se situe exactement au début de cette mouvance. Il faut noter que notre artiste montre des qualités de rigueur scientifique (en particulier en ce qui concerne le phénomène du volcanisme) plus affirmée que ses collègues des autres recueils, plus intéressés par l’aspect pittoresque au sens propre du mot.

Il est également possible que certains de ces dessins aient pu être conçus pour élaborer des Panoramas, reconstitutions de vastes paysages dans des lieux publics, alors très en vogue dans les capitales européennes, mais ayant presque tous disparu de nos jours.

Chaque planche est accompagnée d’une notice où l’artiste rappelle le lieu représenté, l’angle de vue et l’endroit où il s’était installé pour effectuer son travail. Très soucieux d’exactitude, il indique également la présence et le sens de coulées de laves plus visibles que de nos jours.

Durant l’année qui précéda sa mort, en 1862, Delécluze publia ses Souvenirs de soixante années, bilan d’une vie professionnelle représentative de son temps. Il y stipule qu’il avait exécuté cent vingt dessins pendant son voyage en Auvergne. Peut-être d’autres dessins seront-ils découverts un jour ?